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Octobre
22
1989
Education islamique : Les droits – Droits des parents sur les enfants (1) : Ce qu’est la ‘bienfaisance envers des parents’ et son importance en Islam.
Dernière mise à jour:2011-01-18
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  Gloire à Allah, Maître de la Création . Paix et Salut sur notre guide Mohamed qui croit en la promesse de Dieu, le digne de confiance. Seigneur, nous ne savons que ce que Tu nous as enseigné; Toi le Savant, le Sage. Seigneur, enseigne-nous ce qui nous sera utile ; fais en sorte que ce que Tu nous enseignes nous soit utile et augmente notre savoir. Fais en sorte que la vérité nous apparaisse comme telle et accorde nous les facilités pour la suivre, et fais en sorte que le mensonge nous apparaisse comme tel et accorde nous les facilités pour nous en éloigner. Fais en sorte que nous soyons de ceux qui savent écouter pour suivre le meilleur discours. Par Ta miséricorde, compte-nous parmi Tes hommes bienfaisants.

Définition des concepts d’équité et de bienfaisance.

  Dieu, gloire à Lui et qu’Il soit exalté, a dit:

« Certes, Dieu commande l’équité et la bienfaisance…»


 (Coran, Sourate les abeilles, extrait du verset 90)


 L’équité est objet de coercition alors que la bienfaisance est objet de volonté: cela signifie qu’un croyant est tenu de faire bénéficier autrui des droits qui lui sont dus alors qu’il n’exécute des actes de bienfaisance envers autrui que selon son bon vouloir, ses possibilités et son désir de se rapprocher de Dieu, Tout Puissant. Dans le verset objet de notre étude, il est question de droits et de devoirs, de coercition et non de volonté ; le croyant étant tenu d’être bienfaisant tout comme il doit faire preuve d’équité. Il est nécessaire d’illustrer cette idée par un exemple:
 Considérons un individu qui vend une marchandise et que cette vente s’effectue selon les règles admises en la matière, c'est-à-dire qu’il y a eu accord, entente sur le prix, entente sur l’état de la marchandise, remise et réception de la marchandise, satisfaction et présence de témoins ; ceci constitue une vente légale, une vente obligatoire.
 Si pour une raison ou pour une autre l’une des parties s’abstient d’en verser le prix et que l’autre partie intente une action en justice, le juge obligera l’autre partie (l’acheteur) à en verser le prix. Ceci est la manifestation de la justice, de l’équité.
 Si par contre après la conclusion du contrat de vente, l’acheteur vient s’adresser au vendeur pour le prier de résilier cette transaction en invoquant une excuse quelconque, et que le vendeur peut accéder à cette demande sans subir aucun dommage, et le fait, ceci constitue une forme de bienfaisance.
 C’est pour cette raison que si les conflits entre personnes ne sont pas réglés au moyen de la justice, ils peuvent l’être grâce à la bienfaisance, en particulier entre les époux, les voisins, les frères ou les associés. On a ainsi recours, soit aux moyens de la justice, et c’est le dernier recours, soit aux moyens de la bienfaisance, lorsque, pour une raison ou pour une autre, on n’a pas, ou on ne veut pas avoir recours aux moyens de la justice. Si les hommes s’évertuaient à appliquer ce verset, les portes des tribunaux fermeraient sûrement.

« Certes, Dieu commande l’équité et la bienfaisance…»

 (Coran, Sourate les abeilles, verset 90)


 Ainsi, là où la justice échoue, la bienfaisance prend le relais ; et la justice est coercitive alors que la bienfaisance est volontaire.

Equité et performance des droits


 Ce sujet, ceux qui l’ont précédé ainsi que ceux qui le suivront, auront tous pour thème l’équité et la performance des droits. Dans ce contexte, le Prophète, bénédiction et salut sur lui, dans sa Tradition (hadith) recueillie par Omar Ibn Kharidja, a dit:

« Certes, Dieu a donné son droit à tout individu qui y a droit, et il ne doit pas y avoir de testament en faveur d’un héritier »


 (Tradition jugée bonne par At-Termidhi et Anassa’i)


 Le sentier de Dieu ne pourra être libre et praticable que si l’on donne son droit à tout individu qui y a droit, et par conséquent, un individu ne pourra sentir que Dieu est satisfait de lui que s’il donne son droit à celui qui le mérite. Ainsi, l’épouse a un droit, la mère a un droit, le frère a un droit, la sœur a un droit, le fils a un droit, la fille a un droit, le voisin a un droit, et tous ceux qui ont une relation quelconque avec un individu ont un droit sur lui, et Dieu lui demandera compte sur ce droit, même s’il s’agit d’une relation ou d’un contact d’une heure…

Les droits des parents sur les enfants.


 Notre thème à trait à une Tradition du Prophète, bénédiction et salut sur lui, mais notre sujet principal concerne les droits parentaux sur les enfants, et du moment qu’un verset coranique consacre ces droits parentaux sur les enfants, il est impératif de donner la priorité à ce verset qui se présente ainsi:

« Et ton Seigneur a décrété que vous ne devez adorez que Lui et que vous devez marquer de la bonté (bienfaisance) pour vos père et mère… »


 (Coran, sourate le voyage nocturne, extraits du verset 23)

Significations de la notion de ‘décrété’ dans le Noble Coran.


 Ce terme fait référence ici à un sujet précis, même si, dans le Noble Coran, il présente plusieurs significations, que seul le contexte définit et précise ; exemple:
Dieu Tout Puissant a dit:

« Et ton Seigneur a décrété que vous ne devez adorez que Lui et que vous devez marquer de la bonté (bienfaisance) pour vos père et mère… »

 (Coran, sourate le voyage nocturne, extrait du verset 23)


 Il s’agit ici d’une injonction, d’un ordre. Dans ce verset, le terme ‘décrété’ signifie que Dieu Tout Puissant a donné un ordre, qu’Il a ordonné au croyant, qu’Il a ordonné à l’être humain de n’adorer que Lui, et de marquer de la bonté (de la bienfaisance) envers ses parents.
 Considérons un deuxième verset:

« Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours… »


 (Coran, sourate les versets détaillés, extrait du verset 12)


 Dans ce contexte, la signification de ‘décrété’ est ‘créé’.
 Dans cet autre verset, Dieu Tout Puissant a dit:

« …Décrète donc ce que tu as à décréter. Tes décrets ne concernent que la vie présente… »


 (Coran, sourate Ta-Ha, extrait du verset 72)


 Ce verset fait référence au dialogue opposant les magiciens à Pharaon. Ici la signification de ‘décrète’ est ‘tu peux faire comme bon te semble’.
Dans cet autre verset:

« … L’affaire pour laquelle vous me consultez est déjà décrétée. »


 (Coran, Sourate Joseph, extrait du verset 41)


 Dans ce contexte de l’interprétation des rêves des deux prisonniers par Joseph, paix sur lui, le terme ‘décrétée ‘ signifie ‘décidée’.
Dans cet autre verset:

« Quand Il décrète quelque chose, Il dit seulement: ‘Sois !’ Et elle est aussitôt. »


 (Coran, Sourate Marie, extrait de verset 35)


 Ici le terme ‘décrète’ signifie ‘veut’.
 Dans cet autre verset:

« Tu n’étais pas (O Mohamed) sur le versant ouest du (Mont) Sinaï quand Nous avons décrété les Commandements à Moïse ; et tu n’y étais pas témoin ».


 (Coran, Sourate le Récit, verset 44)


 Ici, le terme ‘décrété’ prend la signification de ‘conféré’.
 C’est ainsi que dans le Noble Coran, le terme ‘décrété’, tantôt signifie ‘ordonné’, tantôt ‘créé’, tantôt ‘jugé ‘, tantôt ‘décidé’, tantôt ‘voulu’ et tantôt ‘conféré’…
 Par conséquent, c’est faire preuve de naïveté que de considérer que dans le Noble Coran, (et dans toute autre littérature d’ailleurs), un terme possède la même signification et qu’il la garde dans n’importe quel contexte ; Le noble Coran possède une riche terminologie, et seul le contexte y fixe la signification d’un terme.

Les coordinations dans le Noble Coran.


« Et ton Seigneur a décrété que vous ne devez adorez que Lui et que vous devez marquer de la bonté (bienfaisance) pour vos père et mère… »


 (Coran, sourate le Voyage Nocturne, extrait du verset 23)


 Il existe une très grande précision dans ce verset. Que dit-on généralement lorsqu’on effectue des coordinations ? On dit par exemple: « j’ai acheté un terrain et une maison. » Ou bien: « j’ai acheté un véhicule de luxe et un yacht. » Ou bien encore: « j’ai acheté un livre encyclopédique et un livre relié en cuir.» Mais on ne coordonne pas entre deux choses incomparables. Peut-on imaginer quelqu’un déclarer : « J’ai acheté un terrain et une cuillère. » Ce n’est évidemment pas sérieux. « J’ai acheté une maison luxueuse dont le prix défie l’entendement, et j’ai acheté en même temps un couteau.» Il n’y a là aucune comparaison possible.
 Ainsi, du simple fait que Dieu Tout Puissant ait associé la bienfaisance envers les parents à Son adoration propre, il n’y a aucun doute que cette bienfaisance envers les parents soit quelque chose d’essentiel, de primordial, de capital, et ce, du simple fait que Dieu Tout Puissant l’ait comparée à Son adoration propre.

« Et ton Seigneur a décrété que vous ne devez adorez que Lui et que vous devez marquer de la bonté (bienfaisance) pour vos père et mère… »


 (Coran, sourate le Voyage Nocturne, extrait du verset 23)


 Dans un autre verset, Dieu Tout Puissant dit:

« Il les guidera et améliorera leur condition »


 (Coran, sourate Mohamed, verset 5)


 Dans ce verset, il est question de la bonne conscience, de la conscience tranquille, de la sérénité et de l’absence de stress, de la satisfaction et de la soumission à Dieu Tout Puissant. Considérez un foyer sans problèmes, sans conflits, où règne la paix, l’affection, l’amour, la conscience tranquille… Ce type de foyer a été comparé et élevé par Dieu Tout Puissant au niveau de la découverte de la bonne direction dans la voie de Dieu.

« Il les guidera et améliorera leur condition. »


 (Coran, sourate Mohamed, verset 5)


 La coordination requiert la proportionnalité. Ainsi, le simple fait que Dieu Tout Puissant ait coordonné la bienfaisance envers les parents à Son adoration propre, cela signifie tout simplement que cette bienfaisance envers les parents constitue une action essentielle, primordiale, capitale, élevée au niveau de l’adoration de Dieu Tout Puissant.
 Dans un autre verset, Dieu Tout Puissant dit en matière de droits des parents sur les enfants:

« …Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents ; vers Moi est la destination finale »


 (Coran, sourate Loqman, extrait du verset 14).


 Les dispositions divines ont toujours besoin d’être confirmées, et la confirmation dans le texte coranique se manifeste par la répétition. Si Dieu Tout Puissant avait comparé la bienfaisance envers les parents à Son adoration dans un seul verset, nous n’aurions certainement pas déduit qu’elle constitue une règle. Si par contre un autre verset vient comparer l’obligation d’adorer le Tout Puissant à l’obligation d’être bienfaisant envers les parents, la répétition de cette idée nous amène à déduire qu’il s’agit d’une règle fixe qui dicte que la bienfaisance envers les parents est élevée au niveau de l’adoration de Dieu Tout Puissant.

« …Soit reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents ; vers Moi est la destination finale »


 (Coran, sourate Loqman, extrait du verset 14).


 D’autre part, dans le Recueil de Traditions ‘Sahih Al-Bokhari’ on lit:
 Abdellah Ibn-Mass’oud, Dieu soit satisfait de lui, a dit:

« J’ai posé la question suivante à l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui:

‘Quelle est l’action la plus méritoire aimée de Dieu Tout Puissant ?’ Il répondit: ‘La prière effectuée au moment prescrit’ ‘Ensuite ?’ lui dis-je. ‘La bienfaisance envers les parents’. Répondit-il. ‘Ensuite ?’ lui dis-je. ‘Combattre dans le sentier de Dieu’. Répondit-il. »


 (Tiré d’une tradition authentique recueillie par Al-Bokhari, Moslim, At-Termidhi et Anassa’i).


 Ainsi, il apparaît clairement que les actions les plus méritoires aimées de Dieu Tout Puissant, se trouvent être, dans l’ordre: la prière effectuée à son moment prescrit, la bienfaisance envers les parents, et le combat dans le Sentier de Dieu Tout Puissant.

Quelques significations de la bienfaisance envers les parents:


1 – Ne pas être la cause de toute offense visant ses parents.


 Le fils ne doit en aucun cas être la cause de l’offense visant ses parents. Ainsi, dans le Recueil de Traditions de Moslim, Abdellah Ibn Omar Ibn Al-‘As rapporte que l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, a dit:

 « Constitue un des péchés capitaux, l’offense d’un fils à ses parents. » On lui demanda: « Se peut-il qu’un fils puisse offenser ses parents ? » Il répondit: « Oui ! S’il vient à offenser les père et mère d’un tiers, il a offensé ses propres père et mère ».


 (Tradition authentique recueillie par Al-Bokhari, Moslim, Abou-Dawoud et At-Termidhi).


Les péchés capitaux figurant dans le Noble Coran, à éviter.


 Tout d’abord, il faut savoir que les péchés capitaux sont fatals, et que leur rétribution est l’Enfer. L’habitude qu’a prise le commun des mortels d’utiliser les termes destinés à offenser ou injurier les parents des tiers, fait que de telles offenses ou injures qui ne se comptent plus, se retournent automatiquement contre les propres parents de celui qui les a proférées. Celles-ci font partie des péchés capitaux comme l’a souligné l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur Lui.
 Dans ce contexte, l’exégète Abou Taleb Al-Makki, Dieu ait son âme, a recensé dans le Livre de Dieu, les péchés capitaux qui se présentent comme suit:
 - Quatre péchés résident dans le cœur de la personne: Le polythéisme, la persistance dans la désobéissance à Dieu, Tout Puissant, le désespoir de la Miséricorde de Dieu Tout Puissant, et l’assurance que Dieu Tout Puissant peut laisser passer des choses (laisser commettre des péchés par exemple) sans sévir.
 - Quatre autres résident dans la langue, et ils sont: le faux témoignage, la calomnie des femmes musulmanes chastes et innocentes, le faux serment, et la magie.
 - Trois autres résident dans le ventre, et ils sont: la consommation des boissons alcoolisées, la consommation des biens des orphelins, et la consommation des biens usuraires.
 - Deux proviennent des mains, et ils sont: l’assassinat et le vol.
 - Deux sont d’ordre sexuel, et ils sont: l’adultère et l’homosexualité.
 - Un réside dans le pied, et c’est la fuite du combat (dans le sentier de Dieu).
 - Le dernier concerne le corps en entier, et c’est la désobéissance aux parents.
 Ainsi donc, quatre péchés capitaux ont pour siège le cœur ; quatre, la langue ; trois, le ventre ; deux, les mains ; deux, le sexe ; un, le pied ; et le dernier, le corps dans son ensemble, et c’est la désobéissance aux parents.
 Abou-Bakr, Dieu soit satisfait de lui, a rapporté:

« Nous étions autour de l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, lorsqu’il nous dit:
 ‘Je vais vous faire part des trois plus grands péchés capitaux: ce sont le polythéisme, la désobéissance aux parents, le faux témoignage et le mensonge - il était debout, puis s’est assis - et continua à répéter les deux derniers termes jusqu’à ce que nous nous dîmes: ‘pourvu qu’il cesse enfin de les répéter. »


 (Tradition authentique recueillie par Al-Bokhari, Moslim et At-Termidhi).


 Le polythéisme est un terme générique, et qui dit général, dit ensemble, et ainsi, le polythéisme englobe aussi bien le contenu qui est caché que celui qui est apparent. Est considéré comme une forme de polythéisme le simple fait de dire: « Untel m’a donné et untel m’a volé et l’un m’a permis et l’autre m’a empêché, et un autre encore m’a… »
Dieu Tout Puissant a dit:

« N’invoque donc pas une autre divinité avec Dieu, sinon tu seras du nombre des châtiés. »


 (Coran, sourate les Poètes, verset 213).


 Dans une autre tradition, Abdellah Ibn Omar Ibn Al-‘As, Dieu soit satisfait d’eux, a dit:

« Le Prophète, bénédiction et salut sur lui, a dit: ‘Les péchés capitaux sont: le polythéisme, la désobéissance aux parents, l’assassinat, et le faux serment’ »


 (Tradition authentique recueillie par Al-Bokhari, At-Termidhi et Anassa’i).


 Une autre tradition souligne:

 « Le jour du jugement dernier, seront considérés comme étant les plus grands des péchés capitaux, le polythéisme, l’assassinat d’un croyant sans raison, la fuite dans un combat mené dans le Sentier de  Dieu Tout Puissant, la désobéissance aux parents, la calomnie des femmes chastes, l’apprentissage de la magie, la consommation des biens usuraires, et la consommation des biens des orphelins. »

 (Propos tirés d’une tradition authentique selon Anassa’i, Malek, Addarami, At-Tabarani, Ibn Habban, Abderrazak, Al-Hakem et Ben hazima, rapportés par Omar Ibn Hazm, Dieu soit satisfait de lui.)


La désobéissance aux parents est un péché capital,


 La désobéissance aux parents apparaît donc comme un péché capital, et de toutes ces traditions, il ressort que ‘la désobéissance aux parents constitue un péché capital ‘.
 Du moment que Dieu Tout Puissant a ordonné d’être bienfaisant envers les parents, et a comparé cette bienfaisance à Son adoration propre ; et du moment qu’Il a ordonné d’être reconnaissant envers les parents, et comparé cette reconnaissance à la Sienne propre, de même, il compare la désobéissance aux parents au polythéisme, et ainsi, désobéissance aux parents et polythéisme deviennent du même niveau et pratiquement pareils dans le péché.
 Il est donc impératif d’éviter de commettre ces péchés capitaux.
 Un des versets que tout le monde connaît, précise:

« Si vous évitez les péchés capitaux qui vous sont interdits, Nous effacerons de votre compte vos méfaits, et Nous vous ferons entrer dans un endroit honorable (le paradis). »


 (Coran, sourate les Femmes, verset 31).


L’interdiction de la désobéissance aux mères en particulier.


 Al-Moughira Ibn Chaaba, Dieu soit satisfait de lui, rapporte cette Tradition sur l’Envoyé de Dieu:

« Dieu Tout Puissant vous a interdit la désobéissance aux mères, l’enterrement des filles vivantes, le fait de priver autrui et de subtiliser à autrui, le bavardage inutile, le fait de poser trop de questions, et la dilapidation des biens. »


 (Tiré d’une Tradition authentique recueillie par Al-Bokhari, Moslim et Abou Dawoud).


 C’est une belle tradition consacrée aux mères pour le rang supérieur qu’elles occupent par rapport aux pères, en Islam ; et la signification de priver autrui et subtiliser à autrui est le fait de priver de leurs droits ceux qui les méritent et de s’approprier indûment les biens d’autrui. Celle du bavardage inutile est le fait de s’adonner au bavardage qui ne présente aucune utilité, et enfin celle du fait de poser trop de questions est le fait de chercher à savoir sur les questions qui ne concernent nullement l’auteur des questions.
 Une Tradition pleine de sagesse ne dit-elle pas ?

« Bienheureux sont ceux qui s’occupent de leurs défauts au lieu de s’occuper de ceux des autres ! »


 (Tiré d’un Hadith recueilli par Al Bazzar, d’après Anas Ibn Malek, Dieu soit satisfait de lui).


 Quant à la signification de la dilapidation des biens, c’est le fait de dilapider sa fortune et de la dépenser de manière extravagante.

Quelques Traditions qui dénoncent et blâment la désobéissance aux parents.


 La première Tradition est recueillie par Ibn Omar, Dieu soit satisfait de lui: d’après l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, qui dit:

« Trois individus ne bénéficieront pas du regard de Dieu Tout Puissant. »


 Il est à remarquer qu’il s’agit ici de la pire des punitions infligée à une personne le jour du jugement dernier ; celle qu’elle soit privée de regarder le Noble Visage du Seigneur, comme le prouve le verset suivant:

« Qu’ils prennent garde ! En vérité, ce jour là, un voile les empêchera de regarder leur Seigneur. »


 (Coran, sourate les Fraudeurs, verset 15)


 Trois personnes donc ne verront pas le visage de Dieu le Jour du Jugement Dernier. Ce sont: celui qui désobéit à ses parents, celui qui s’adonne aux boissons alcoolisées, et celui qui donne (fait l’aumône) de façon ostentatoire. Trois autres personnes ne rentreront pas au Paradis. Il s’agit de celui qui désobéit aux parents, de celui que sa femme trompe, et de la femme masculinisée, c'est-à-dire celle qui s’arrange de façon à ressembler aux hommes et la prostituée en général.
 Les Traditions relatives à la désobéissance aux parents sont très nombreuses. En voici quelques unes:

« Quatre personnes que Dieu est en droit de leur refuser le Paradis et ses délices: celui qui s’adonne aux boissons alcoolisées, celui qui s’approprie des biens usuraires, celui qui s’approprie les biens des orphelins sans raison valable, et celui qui désobéit à ses parents. »


 (Tradition authentique, recueillie par Ibn Habban et Al-Hakem, d’après Abou Houraira, Dieu soit satisfait de lui).


 Il est alors dit à celui qui désobéit à ses parents:
 ‘Fais ce que tu veux, Dieu ne te pardonnera point’
 Une autre Tradition énonce:

« Trois états ou actions avec lesquelles aucune action ne peut profiter ni être utile: le polythéisme, la désobéissance aux parents, et la fuite dans le combat sur le Sentier de Dieu. »


 (Tradition recueillie par At-Tabarani, d’après Thaouban, Dieu soit satisfait de lui).


 Une autre encore, précise:

« Dieu Tout Puissant n’acceptera ni argent, ni justice de ces trois personnes: celui qui désobéit (à ses parents), celui qui fait le bien, mais le déclare de façon ostentatoire, et celui qui nie le Destin. »


 (Tradition recueillie par At-Tabarani et rapporté en deux versions, dont l’une présente un rapporteur de la chaîne de transmission oublié et l’autre avec un rapporteur faible).


 Ainsi, tout ce que nous venons d’apprendre concerne la désobéissance aux parents, du fait de l’importance majeure du droit que Dieu Tout Puissant leur accorde.
 Revenons maintenant au vingt-troisième verset de la sourate du Voyage Nocturne.

« Et ton Seigneur a décrété que vous ne devez adorez que Lui, et que vous devez marquer de la bonté (bienfaisance) pour vos père et mère… »

 (Coran, sourate le voyage nocturne, extrait du verset 23)


 Nous allons poursuivre certains détails concernant la bienfaisance aux parents.

2 – Ne pas contrarier les parents en matière d’actions permises.


 Est considéré comme désobéissance aux parents, le fait de les contrarier dans leurs affaires courantes permises, et est par conséquent considérée comme bonne action envers eux, le fait de les conforter dans leurs choix. Si par exemple un père ordonne à un fils de faire quelque chose qui ne va pas à l’encontre des prescriptions divines, ce dernier se doit de l’exécuter, sauf s’il s’agit d’un péché, et ce, conformément à la fameuse règle:

« Nulle obéissance à n’importe quelle créature n’est permise lorsqu’il s’agit d’une désobéissance au Créateur.»

 (Tiré d’une Tradition recueillie par At-Tabarani)

Quelques règles en matière de bienfaisance envers les parents:


 Des exégètes ont dit:
 - « Si un père ordonne à son fils d’accomplir une action permise, elle devient un acte dont l’accomplissement par le fils est vivement recommandé. » Autrement dit, il est préférable pour le fils qui a ainsi intérêt à accomplir une action ordonnée par son père, tant qu’il s’agit d’une action qui ne va pas à l’encontre des préceptes religieux en la matière.
 - « Si un père ordonne une telle action, elle devient très méritoire pour le fils s’il l’accomplit. »
 Pour accentuer l’importance de ce respect filial hautement recommandé, il est admis que:
 - « Les parents ne commettent pas un péché lorsqu’ils défendent à leur fils d’accomplir le pèlerinage. »
 En effet, si les parents sont atteints d’une maladie incurable, et qu’ils se trouvent dépendants des leurs, et que par conséquent, ils défendent à leur fils d’accomplir le devoir de pèlerinage afin de le reporter à l’année suivante par exemple, ils ne commettent point de péché, tout simplement parce que certains exégètes considèrent que l’accomplissement du pèlerinage doit se faire en période d’aise et pas dans l’urgence, dans les moments difficiles et dans l’immédiat. Si d’autres exégètes considèrent qu’il doit être accompli dans l’immédiat, sauf s’il y a maladie incurable de parents à charge, et qu’il existe un risque élevé de décès de ces parents en l’absence du fils ; la priorité dans ce cas est la présence assidue du fils auprès de ses parents malades qui ne commettent aucun péché à le garder auprès d’eux dans les dures épreuves qu’ils endurent.
 Il est également admis que:

- « Il n’est nullement permis à un fils d’accomplir un voyage dangereux sans le consentement de ses parents. »


 En effet, un fils ne doit en aucun cas accomplir un voyage dangereux sans en référer à ses parents ; c’est ce qui ressort de l’interprétation de différentes traditions du Prophète, bénédiction et salut sur Lui. Si par contre le voyage ne comporte aucun danger, et que le fils doit l’entreprendre, par exemple pour raison d’études, il peut partir sans en référer à ses parents.

- « Il n’est pas permis à celui qui accomplit sa prière de la suspendre si sa mère ou une tierce personne l’appelle. »


 C’est ce qui a été déduit des dires du Prophète Lui-même, bénédiction et salut sur lui, dans ce qui suit:

« Nulle obéissance à n’importe quelle créature n’est permise lorsqu’il s’agit d’une désobéissance au Créateur.»


 Suivant cet autre cas, si un individu est en train d’accomplir sa prière dans une pièce, et que sa mère ou son père l’appelle d’une autre pièce, quelques exégètes ont émis ce qui suit:
« Il n’est pas permis à une personne en pleine prière de la suspendre pour répondre à l’appel de sa mère. »
 Ceci, pour la simple raison que le droit de Dieu Tout Puissant passe avant les droits des parents. Cependant, ces mêmes exégètes recommandent à la personne d’abréger sa prière par la lecture d’une sourate plus concise (celle du monothéisme pur par exemple) pour répondre plus rapidement à ses parents. Par contre, si l’individu en prière a entamé la lecture d’une sourate plus longue et qu’il en poursuit la lecture après avoir entendu l’appel, il devient transgresseur. Il convient donc de lire une sourate concise pour répondre à temps à l’appel de ses parents.
 - « Si par contre il s’agit d’une prière surérogatoire, et que la personne sait qu’elle nuira sûrement à ses parents en ne répondant pas à leur appel, elle est tenue d’interrompre immédiatement sa prière et de répondre à leur appel. »
 Si les parents sont débilitants et qu’ils éprouvent le besoin de changer de position, ou s’il y a nécessité de mettre en place un nouveau sachet de sérum, ou de panser une plaie, ou qu’une douleur quelconque les indispose et les amène à appeler leur fils pour répondre à ce besoin, certains exégètes préconisent la suspension de la prière pour répondre à ce besoin pressant des parents.
 Si le temps presse et s’il s’agit d’une prière obligatoire, le fils ne doit pas répondre. De même, pour le courant Malékite, répondre aux parents au cours d’une prière surérogatoire est préférable à son extension dans le temps.
 Par contre, l’urgence d’une action nécessite une réaction urgente, et:
 - « Il est impératif de suspendre toute prière, fut-elle obligatoire, pour porter secours à une personne en danger. »
 Si un enfant s’approche dangereusement d’un appareil de chauffage, ou s’il est endormi sur un lit assez élevé et qu’il risque d’en chuter et de se blesser, ou s’il s’agit d’un autre danger immédiat quelconque qui menace un tiers, le prieur témoin doit suspendre sa prière afin de porter secours à la personne en danger de noyade, de brûlure ou autre danger mortel.
 Concernant la réponse à tout appel des parents, même sans qu’il y ait urgence, il y a nécessité de suspendre la prière surérogatoire pour leur obéir.

Le fait pour les parents de nuire aux enfants et le devoir filial de leur être bienfaisants.


 Abdellah Ibn Abbas, Dieu soit satisfait de lui a dit:

« Il ne peut y avoir un homme dont les parents sont vivants et auxquels il montre une bienfaisance assidue au début de la journée sans que Dieu Tout Puissant lui ouvre une porte du Paradis ; s’il continue dans cette voie à la fin de la journée, Dieu Tout Puissant lui ouvre une deuxième porte du Paradis. S’il ne reste en vie qu’un des deux parents et que le fils lui montre de la bienfaisance, Dieu Tout Puissant lui ouvre une des portes du Paradis. Dans le cas où l’un des parents se met à déverser sa colère sur le fils et que celui-ci la supporte avec patience dans le but de mériter la satisfaction de son Créateur, Dieu Tout Puissant agréera cette action. On demanda à ce sujet: « y aura-t-il agrément même si le fils mérite cette colère ? » On lui répondit: « même s’il mérite la colère des parents. »


 (Passage tiré d’une tradition non reliée au Prophète, recueilli par Mossaddad Ibn Mossarhad d’un recueil, objet de divergences).


 Il est à remarquer que lorsqu’il s’agit d’un parent fautif dans sa colère contre le fils, des exégètes ont précisé:

« … Si les parents sont fautifs en matière de choses de ce monde, pas en matière de choses de l’au-delà. »

 ceci en application du principe: «

Nulle obéissance à n’importe quelle créature n’est permise lorsqu’il s’agit d’une désobéissance au Créateur. »


 Dans le cas où les parents nuisent à leur fils en matière de choses de la vie terrestre et qu’il se montre patient, il ne doit pas les fâcher. Ainsi ont précisé les exégètes.

Le droit de la mère égale le triple du droit du père.


 Dans le recueil « le Sahih » Abou Houraïra, Dieu soit satisfait de lui, a dit:

« Un homme s’est présenté devant l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, et lui a demandé: « Envoyé de Dieu… Qui a droit en priorité à mon amitié et mon affection parmi les gens ? »
L’Envoyé de Dieu répondit: « Ta mère. »
- Qui ensuite ? demanda encore l’homme.
- Ta mère. Répondit encore l’Envoyé de Dieu.
- Qui ensuite ? demanda encore l’homme.
- Ta mère. Répondit encore l’Envoyé de Dieu
- Qui ensuite ? demanda encore l’homme.
- Ton père. Reprit l’Envoyé de Dieu.


 (Tradition authentique recueillie par Al-Bokhari et Moslim).


 De cette tradition, il ressort que le droit de la mère sur les enfants équivaut au triple du droit du père.
 Toujours dans ce domaine, un homme vint voir l’imam Malek et lui dit:
 « Mon père se trouve présentement au Soudan et il m’a écrit pour me demander de le rejoindre alors que ma mère me défend d’y aller. Que dois-je faire ? »
 D’après ses connaissances, l’imam répondit:
 « Obéis à ton père, mais ne désobéis-pas à ta mère. »
 De cette réponse, l’homme comprit que le droit de la mère et celui du père sont égaux. Par contre, la majorité des exégètes pensent que le droit de la mère est le triple de celui du père.
 Après une dispute, Aboul-Aswad Addouali et sa femme se présentèrent devant le juge pour voir régler leur différend et connaître qui avait plus droit à la garde de leur enfant. La femme déclara:

« J’ai la priorité pour sa garde, parce que je l’ai porté dans mon ventre pendant neuf mois, puis je l’ai mis au monde, puis je l’ai élevé jusqu’à cet âge de l’adolescence. »


 Aboul-Aswad, quant à lui, déclara au juge:

« Oh juge ! Je l’ai porté avant qu’elle ne le porte, et je l’ai conçu avant qu’elle ne le mette au monde, et si maintenant elle a quelque droit par rapport à moi, tout le droit ou presque me revient. »


 Le juge demanda à la femme:

« Femme ! Qu’avez-vous à répondre à ça ?


 Elle répondit:

« S’il l’a porté léger, je l’ai porté pesant et encombrant ; et s’il l’a conçu dans le plaisir, je l’ai mis au monde dans la douleur. »


 Le juge se tourna vers Aboul-Aswad et lui lança:

« Remets-lui son enfant et épargne moi ta poésie inopportune. »


 Et ainsi, la jurisprudence consacre elle aussi le principe que le droit de la mère supplante celui du père.
 D’après Abdellah Ibn Omar Ibn Al’As, Dieu soit satisfait de lui, une femme demanda à l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui:

« Envoyé de Dieu, mon fils que voila avait mon ventre comme gîte, mon sein comme source, mon giron comme nid douillet ; et maintenant après m’avoir répudiée, son père veut me le prendre. »


 L’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, lui répondit:

« Femme, tu as plus droit sur lui à la garde de l’enfant tant que tu ne te remaries pas. »


 (Tradition au recueil authentique, reprise par Al-Hakem dans son recueil).


 La seule condition spécifiée dans ce cas est que la mère a le droit de garde de l’enfant tant qu’elle ne se remarie pas.
 Quelques exégètes ont dit à ce propos:
 « La mère a le droit de garde de l’enfant jusqu’à l’âge de sept ans s’il s’agit d’un garçon, jusqu’à l’âge de neuf ans s’il s’agit d’une fille ; ensuite le juge appréciera pour éventuellement ajouter deux années dans les deux cas. »
 Ainsi dispose la loi religieuse.

3 – Les bons signes de la bienfaisance envers les parents.


 Toujours concernant la bienfaisance envers les père et mère et leur obéissance, le célèbre Arif Billah Abou Yazid Al-Bastami, Dieu ait son âme, voulut partir pour Baghdad afin d’y poursuivre ses études alors qu’il n’était qu’en âge de puberté. Sa mère lui remit quarante dinars qui constituaient sa part d’héritage légué par son père, et lui dit:
 « Mets ta main dans la mienne et promet-moi d’être toujours franc et de ne jamais mentir. »
L’adolescent fit la promesse et partit avec une caravane en direction de Baghdad. En chemin, la caravane fut attaquée par des voleurs qui s’emparèrent de tous ses biens. Ils remarquèrent Al-Bastami en guenilles, et lui demandèrent:
 « Qu’est-ce que tu as sur toi, jeune enfant ? »
 Il se rappela la promesse faite à sa mère et répondit:
 « J’ai quarante dinars dans ma poche. »
 Les voleurs éclatèrent de rire, se moquèrent de lui, le prirent pour un attardé mental, et le laissèrent tranquille, car ils ne crurent pas en sa déclaration, la somme de quarante dinars à l’époque étant assez importante. Lorsqu’ils parvinrent à la caverne qui leur servait de refuge, ils trouvèrent leur chef qui leur demanda:
 « Avez-vous ramené tout ce qu’il y avait dans la caravane ? »
 - Oui ! répondirent-ils, même ce gamin qui nous a déclaré avoir en poche quarante dinars et que nous pensons être un peu simple d’esprit. »
 Le chef leur demanda de le lui ramener. Lorsqu’ils le lui présentèrent, il lui demanda:
 « Est-ce que tu possèdes quelque chose sur toi, gamin ?
 - Oui, répondit l’enfant, j’ai quarante dinars.
 - Où est-ce qu’ils sont ? demanda le chef.
 - Ici. Répondit l’enfant en sortant l’argent et en le remettant au chef qui reprit:
 - Es-tu fou, gamin ? Comment peux-tu divulguer cela et remettre ton argent aussi facilement ?
 - Parce que lorsque j’ai quitté mon pays, j’ai promis à ma mère de toujours faire preuve de franchise, et je ne trahirai jamais cette promesse. Répondit simplement le gamin. »
 Le chef des voleurs resta interloqué. Il finit par dire:
 « Dieu soit loué, gamin ! Tu crains de trahir le serment fait à ta mère alors que nous ne craignons pas de trahir le serment de Dieu. »
 Ce disant, le chef des voleurs ordonna de rendre tous les biens pris à la caravane et termina par ces mots:
 « Gamin, Dieu m’est témoin ; je me repens, et c’est toi qui m’a ouvert le chemin du repentir. »
 Même ses hommes finirent par reconnaître:
 « Tu étais notre chef en tant que voleurs, aujourd’hui tu es notre chef sur le chemin du Seigneur. »

4 – Le devoir de bienfaisance envers les parents


 Il existe un autre point relatif à la bienfaisance envers les parents.
 Le principe essentiel reconnu par l’ensemble des exégètes sur le sujet se résume à:
 « Il n’est pas indispensable d’être musulmans pour les parents pour mériter et avoir droit à la bienfaisance filiale. »
 En effet et c’est regrettable, il arrive qu’un jeune qui fréquente les mosquées pour y apprendre les préceptes de la religion, se mette à juger son père pour son peu de foi religieuse, et se mette à l’accuser, à lui adresser des mots durs et à ternir ses relations avec lui.
 Il faut bien comprendre que les parents n’ont pas besoin d’être musulmans pour mériter la bienfaisance de la part de leurs enfants. Même s’ils sont polythéistes, un enfant est tenu d’être bienfaisant envers eux. Il y est tenu d’autant plus s’ils sont musulmans, mais manquant de foi et de pratiques religieuses.
 Un enfant a-t-il le droit de juger ses parents sur leur foi religieuse ? A-t-il le droit d’élever le ton avec eux ? A-t-il le droit d’être violent avec eux ? Dans ce contexte, Dieu Tout Puissant a dit:

« Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Allah aime les gens équitables. »

 (Coran, sourate l’Eprouvée, verset 8).


 Si Dieu Tout Puissant ne nous défend pas d’être bienveillants envers ceux qui ne nous combattent pas pour notre religion, il convient pour nous, et en priorité, d’être bienfaisants envers nos propres parents.
Asma Bint Abi Bakr, Dieu soit satisfait d’elle, a dit:

« Ma mère qui était polythéiste du temps du Prophète, bénédiction et salut sur lui, voulait absolument me voir et m’a rendu visite. Je demandais alors conseil à l’Envoyé de Dieu:

« Dois-je la recevoir ? »

- Oui ! Tu dois recevoir ta mère, répondit-il. »


 Dans un autre recueil, il est dit que c’est la raison pour laquelle a été révélé le verset:

« Dieu ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Allah aime les gens équitables. »

 (Coran, sourate l’Eprouvée, verset 8).


 (Tradition authentique retenue par Al-Bokhari, Moslim et Abou Dawoud).


 Quant à Abou Houraïra, Dieu soit satisfait de lui, il a dit:

« L’envoyé de Dieu est venu à passer devant Abdellah Ben Abi Ben Saloul alors qu’il était à l’ombre d’un arbre. Il dit:

‘Ibnou-Abi-Kabcha nous incommode … ‘


 Le fils, Abdellah Ben Abdellah, répondit:

‘ Par Celui qui t’a ennobli et révélé le Livre, si tu le veux, je te rapporterais sa tête.’


 Le Prophète, bénédiction et salut sur lui, répondit:

‘Non ! Soit plutôt bienfaisant envers lui et cultive du mieux que tu peux son amitié’


 (Tradition jugée bonne, recueillie par Al-Bazzar, Ibn Habban et Al-Hakem.


 Il s’agit en l’occurrence du pire ennemi du Prophète, la tête pensante des hypocrites, dont le Prophète, bénédiction et salut sur lui, ordonne au fils de lui être bienfaisant au lieu d’accepter de lui voir ramener sa tête… Telle est la loi religieuse ; telle est notre religion ; tel est l’islam…

5 – La bienfaisance envers les parents vient le combat dans le sentier de Dieu.


 Une tradition dans le Sahih, d’après Abdellah Ibn Omar Ibn Al-As, dit:

‘ Un homme se présenta devant l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, et lui demanda de participer au combat dans le sentier de Dieu’. L’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, répondit ;

« Tes parents sont-ils vivants ? »
- Oui, répondit l’homme.
- Alors c’est avec eux que réside ton combat dans le sentier de Dieu. » répondit le Prophète, bénédiction et salut sur lui.


 (Tradition authentique, recueillie par Al-Bokhari, Moslim, Abou-Dawoud et Anassa’i).


 Dans une autre version, Abdellah Ibn Omar Ibn Al-As dit:

‘Un homme s’est présenté devant l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui et déclara:’

« Je suis venu te prêter serment pour émigrer (participer à l’Hégire) avec toi, et j’ai laissé mes parents en pleurs. »

- Retourne et reste auprès d’eux, et fais les rire comme tu les as fait pleurer. » répondit le Prophète.


 Tradition authentique, recueillie par Abou-Dawoud et Anassa’i).


 Ce passage révèle une fois de plus, et très clairement, l’importance majeure de la bienfaisance filiale envers les parents en islam.
 Dans une autre version:
 « T’étendre à côté de tes parents pour qu’ils puissent jouer avec toi et te faire rire, est préférable au combat dans le sentier de Dieu à mes côtés. »
 C’est encore pour insister sur l’importance majeure de la bienfaisance filiale envers les parents.

6 – Ne pas les faire pleurer de tristesse et d’angoisse.


 Des exégètes ont déclaré:

« Celui qui fait pleurer ses parents est un ‘désobéissant’ et un ‘malfaisant’. »


 Dans ce domaine, il faut distinguer le fait de faire pleurer d’émotion son père ou sa mère en les entretenant sur le Seigneur ou en leur faisant part d’un sujet sur un verset coranique ou une tradition du Prophète, bénédiction et salut sur lui, et le fait de les faire pleurer pour toute autre chose ou toute autre raison. Le premier cas n’est pas l’objet de ce sujet. Par contre, les faire pleurer pour leur avoir refusé quelque chose ou à la suite d’une demande qu’ils ont faite et que le fils a refusée ; les faire pleurer pour avoir refusé de répondre à leur demande de reprendre le contact avec un frère délaissé ; les faire pleurer pour avoir répondu défavorablement à toute demande sensée ; c’est ce qui constitue la désobéissance filiale envers les parents.
 Les exégètes ont été unanimes à déclarer:
 ‘Le fait de faire pleurer les parents constitue une ‘désobéissance’ Cette sentence est bien sûr tirée de l’héritage en matière de sagesse.
 Un autre extrait de la sagesse de cet héritage souligne: ‘Celui qui attriste ses parents leur a désobéi’

7 – Le fait de garder le contact avec les proches et les amis des parents.


 Garder le contact avec leurs connaissances et leurs amis constitue un acte de bienfaisance filiale envers les parents.
Ibn Omar, Dieu soit satisfait de lui, a dit:

‘J’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire: « Constitue un acte de bienfaisance filiale envers ses parents, le fait pour un fils de rendre visite aux connaissances du père après sa mort. »


 (Tradition authentique recueillie par Moslim, Abou Dawoud et At-Termidhi).


 Mais quels sont les proches et les connaissances du père défunt ?
 Ce sont ses frères, ses sœurs, ses amis intimes et ses bonnes connaissances.
 Voici d’ailleurs une célèbre tradition d’après Abou Assyad Assadi, Dieu soit satisfait de lui, qui dit:

‘Alors que nous étions autour de l’Envoyé de Dieu, vint un homme de la tribu des Banou Salama. Il lui dit:

« Envoyé de Dieu, est-ce qu’il me reste quelque bienfaisance envers mes parents alors qu’ils sont décédés ? »

- Oui, prier pour le repos de leur âme, implorer le pardon pour eux, honorer leurs engagements et leurs amis, et rendre visite à ceux dont les liens parentaux les liaient à eux. »


 (Tradition authentique d’après Al-Hakem dans Al-Moustadrak).


 D’ailleurs, comme acte de bienfaisance envers sa défunte épouse Khadîdja, le Prophète lui même, bénédiction et salut sur lui, offrait à ses amies des morceaux de viande. Donc raison de plus s’il s’agit de parents !
 Abou-Barda, Dieu soit satisfait de lui a dit:

« A mon arrivée à Médine, Abdellah Ben Omar s’est présenté à moi en disant:

 ‘Sais-tu pourquoi je viens te voir ?’ Il répondit: ‘Non !’ Abdellah reprit: ‘J’ai entendu l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, dire: ‘Que celui qui veut rendre visite à son père défunt rende visite à ses oncles paternels’ »


 (Tradition authentique recueillie par Abou Ya’la).


 Considérons encore ce qui suit.

 Ibn Omar, Dieu soit satisfait de lui, possédait un âne qu’il enfourchait quand il était fatigué, et un turban qui lui protégeait la tête. Un jour qu’il était sur son âne, vint à passer un bédouin. Il lui demanda: « Serais-tu Untel ? »

- En effet, répondit le bédouin.

Et voila que Omar lui donne son âne en disant:

« Monte dessus ! », puis il lui tend son turban en disant: « Mets ça sur ta tête ! »

Stupéfaits par son comportement, ses amis lui demandèrent:

« Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu lui as donné l’âne que tu montais et le turban qui te protégeait la tête ». Il répondit:

« J’ai entendu l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, dire:

« Que celui qui veut faire preuve de bienfaisance filiale envers son père défunt fasse le bien aux enfants des amis et des connaissances de son père. »


 Le père du bédouin était en effet l’ami du père d’Omar.

 (Tradition authentique recueillie par Moslim, Abou Dawoud et At-Termidhi).


8 – La prière pour eux après leur mort.


 Chacun de nous sait que lorsqu’un être humain meurt, son œuvre cesse, à l’exception de trois choses qui subsistent après lui. En effet, d’après Abou Houraïra, Dieu soit satisfait de lui, l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, a dit:

« A la mort d’un individu, son œuvre cesse, à l’exception de trois choses qui subsistent après lui: un don de bienfaisance qu’il a fait et dont l’effet dure encore dans le temps, un savoir qu’il a dispensé et qui profite encore à autrui, ou un enfant vertueux qu’il a laissé et qui prie encore pour lui. »


 (Tradition authentique recueillie par Moslim, Abou Dawoud, At-Termidhi et Anassa’i).


 L’enfant vertueux qui prie pour son père décédé, constitue en plus un acte de bienfaisance qui dure dans le temps. Ainsi, le droit du père est tellement important, de sorte que si un père éduque son fils de la meilleure façon pour qu’il prie pour lui après sa mort, tous les actes de bienfaisance de ce fils sont inscrits automatiquement sur le compte du père défunt: et c’est pourquoi l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, a dit:

« La meilleure richesse que puisse avoir un homme est son fils »


 (Tiré d’une tradition recueillie par At-Tabarani…)


 Assouyouti, célèbre pour sa classification des traditions du Prophète, bénédiction et salut sur lui, a composé des vers concernant les actes durables de bienfaisance inspirés de la Sunna (tradition): Il y dit:

A la mort de l’être humain
Viennent à lui en courant treize récompenses.
Le savoir dispensé, la prière d’un fils,
La plantation d’un palmier et un don durable de bienfaisance.
Le legs d’un Livre (le Noble Coran),
La consolidation d’une frontière face à l’ennemi,
Le creusement d’un puits et le tracé d’un cours d’eau,
La construction d’une maison comme abri pour l’étranger
Ou la construction d’un lieu de prières,
Et l’enseignement du Noble Coran,
L’ensemble est tiré de la Tradition,
Et le tout, bien présenté en vers dans ma poésie.


 On a posé la question suivante à un exégète:

« Combien de fois doit-on prier pour ses parents ? Une fois par jour, ou une fois par mois, ou une fois par an ? » Il répondit:

« On doit prier pour eux dans chaque prière, autrement dit cinq fois par jour. »


 D’autres ont dit:
 En effet, ‘Celui qui prie pour ses parents cinq fois par jour leur a donné leur droit à la prière, car Dieu Tout Puissant a dit’:

« … Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. »


 (Coran, sourate Luqman, extrait du verset 14)


 La prière constitue un remerciement, et le remerciement filial pour les parents vient avec la prière… Ainsi, les remercier cinq fois par jour, c’est leur être bienfaisant, c’est une simple déduction.
 D’après Abou-Houraïra, Dieu soit satisfait de lui, l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, a dit:

« Dieu Tout Puissant élèvera tellement en rang l’homme de bien dans le Paradis que ce dernier demandera: ‘Seigneur, quelle est la source de tant de mérite en ma faveur ?’ Il dira:’C’est grâce à ton fils qui a imploré le pardon pour toi’. »


 (Tradition du Sahih, d’après At-Tabarani et l’imam Ahmed).


9 – La satisfaction des parents constitue une raison d’échapper au feu de l’enfer.


 Enfin, cette dernière tradition d’après Abdellah-Ibn-Abi-Aoufa, Dieu soit satisfait de lui, qui a dit:
 « Nous étions autour du Prophète, bénédiction et salut sur lui, lorsqu’un homme fit irruption et s’adressa à lui en ces termes:

‘ Envoyé de Dieu, il y a un jeune homme qui agonise. Nous lui avons demandé de réciter la profession de foi: ‘Il n’y a point de divinité que Dieu,’ Il n’arrive pas à la prononcer. Le Prophète demanda s’il faisait la prière ; on lui répondit par l’affirmative. Alors il se leva et nous nous levâmes avec lui pour le suivre. Nous arrivâmes avec lui au chevet du jeune homme qui agonisait toujours. L’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, lui demanda de répéter: ‘Il n’y a point de divinité que Dieu’. Le jeune homme répondit: ‘Je ne peux pas’ L’Envoyé de Dieu demanda: ‘Pourquoi ?’ On lui répondit: ‘Il se comportait mal avec ses parents.’ L’Envoyé de Dieu demanda: ‘Est-ce que sa mère est en vie ?’ On lui répondit: ‘Oui’. Il ordonna: ‘faites la venir’. Elle se présenta à l’Envoyé de Dieu qui lui demanda: ‘Est-ce ton fils ?’ Elle répondit par l’affirmative. Il lui dit: ‘Imagine toi que je vais allumer un grand feu, et qu’on te demande: si tu lui pardonnes, il est sauf, sinon nous allons l’y brûler vif. Lui pardonnes-tu ?’ Elle répondit: ‘Oh Envoyé de Dieu, dans ce cas je lui pardonne.’ Il reprit: ‘Alors prends Dieu pour témoin et prends moi pour témoin que tu lui as pardonné.’ Elle répéta: ‘Mon Dieu, je Te prends à témoin et je prends Ton Envoyé à témoin que j’ai pardonné à mon fils.’ A ces mots, l’Envoyé de Dieu, bénédiction et salut sur lui, s’adressa de nouveau au jeune homme et lui demanda: ‘répète: Il n’y a point de divinité que Dieu et Il n’a point d’associé avec Lui, et je témoigne que Mohamed est Son serviteur et Son Envoyé’. Le jeune homme répéta la formule et rendit aussitôt l’âme. L’Envoyé de Dieu s’exclama alors: ’Gloire à Dieu qui l’a, grâce à moi, préservé du feu.’ »

 (Tradition recueillie par At-Tabarani et Ahmed…)


 Il est à signaler que sont également considérées comme actions hautement vertueuses et méritoires, le fait de réconcilier une mère et son fils, deux frères, un père et son fils, deux voisins… Même le Prophète, bénédiction et salut sur lui, malgré sa position et son importance, n’a pas manqué de glorifier Dieu Tout Puissant de lui avoir permis de sauver un jeune homme du feu après avoir convaincu sa mère de lui pardonner. Mais quel était donc le comportement de ce jeune homme avec sa mère ? D’après les recueils de traditions, il lui faisait du tort et lui préférait sa femme…
 Ce sera, Si Dieu Veut, le sujet du prochain exposé.

Traduction  : Abderrahim Zénati
Vérification       : Amine El Khir