Sujets islamiques-Sujets concis- Discours (46) :Les sens de l’Aïd (fête).

2001-12-09

Louange à Allah, Seigneur de l’univers. Que la paix et le salut d’Allah soient sur notre maître Mohammed le véridique qui croit en la promesse d’Allah.

Les sens de l’Aïd:

 Chers frères, l’Aïd du Fitr est proche, je vous souhaite une bonne année à tous. Mais il est indispensable de jeter un coup d’œil sur les sens de l’Aïd.
 Grâce à Allah, l’Aïd dans notre religion de l’Islam est constitué de jours d’obéissance et de plus de rapprochement d’Allah, Exalté soit-Il. Tandis que les jours de fêtes des non musulmans sont des jours de désobéissance et de turpitude. Nos fêtes sont pleines d’obéissance et d’allégresse et elles viennent dans les pays musulmans après des périodes de grande adoration. L’Aïd du Fitr vient après l’adoration du jeûne, et l’Aïd de Al Adha (du sacrifice) vient après le pèlerinage à la maison sacrée d’Allah. Dans la vie des musulmans, il n’y a que deux fêtes qui viennent juste après deux grandes adorations. Comme si le sens de l’Aïd est: quand le serviteur d’Allah accomplit ces deux grandes adorations, le jeûne et le pèlerinage, c’est comme s’il avait remporté une grande victoire. Donc, la joie dans l’Aïd est une joie qui suit l’accomplissement de l’obéissance et la récompense nous fait oublier les fatigues de l’obéissance au contraire des délices de la désobéissance qui s’envolent alors que son châtiment reste. Durant les jours de l’Aïd Al Fitr, celui qui a jeûné au Ramadan rompra le jeûne et jouira des délices de l’obéissance tandis que celui qui n’a pas jeûné rompra le jeûne de l’Aïd mais il portera tout le poids de la désobéissance ; c’est une règle stable. Donc, les fatigues de l’adoration se dissipent mais la récompense reste, alors que les plaisirs de la désobéissance s’envolent mais la punition reste.
 La vérité de l’Aïd c’est qu’Allah t’a donné la capacité de jeûner au mois du Ramadan, d’accomplir la prière de la nuit et ces adorations t’offrent du plaisir et du bonheur. Et la vérité de l’Aïd Al Adha béni, c’est qu’Allah t’a donné la capacité d’accomplir le devoir du pèlerinage mais si tu n’as pas les moyens alors que ton cœur est lié à la maison sacrée d’Allah, c’est une sorte du hajj. Si on lit le noble Coran concernant l’Aïd, on trouve:

( Afin que vous en complétiez le nombre )

Sourate Al Bakara 185

 Afin que vous complétiez le jeûne du mois de Ramadan.

( Et que vous proclamiez la majesté d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants )

Sourate AL Bakara 185

 La vérité de la formule: « Allah est Le Plus Grand » dans l’Aïd, c’est un remerciement à Allah après qu’Il t’ait donné la capacité de jeûner durant ce mois.

Un arrêt important devant la formule « Allah est Le Plus Grand »:

 En vérité, les grands termes islamiques ont été vidés de leur contenu ; tu pourrais demander à un homme athée: comment ça va ? Il te répond: « Louange à Allah » ! Il se moque du monde en disant ces nobles mots alors qu’il nie l’existence d’Allah ! Il arrive que tu mettes quelqu’un en colère et qu’il dise: «J’atteste qu’il n’y a point de divinité sauf Allah » ! Il vient de prononcer la phrase la plus importante dans la religion. Il arrive que deux personnes se disputent et que l’un d’eux dise: « Fais la salutation du prophète » ! Il arrive aussi que quelqu’un commette un grand péché et puis qu’il dise: « Allah est Le Plus Grand, je l’ai fait » ! Comme s’il voyait ce péché comme grand. Donc, les grands termes islamiques ont été vidés de leur contenu et de leur sens et quand on a un mot à la bouche à chaque occasion, son sens se perd. En vérité, celui qui trompe les musulmans, qu’est-ce qu’il pense en prononçant « Allah est Le plus Grand » ? Il pense que l’argent qu’il gagne en trompant les musulmans est plus grand que l’obéissance à Allah.
 L’homme qui obéit à sa femme tout en suscitant la colère d’Allah, voit que la satisfaction de sa femme est plus grande que l’obéissance à Allah. Celui qui obéit à un être créé tout en désobéissant au Créateur, voit que cet être créé est plus grand qu’Allah.
 Par Allah, que point divinité que Lui, il y a des milliers de musulmans qui prononcent ces mots « Allah est Le plus Grand » alors, qu’en vérité, leurs actes ne traduisent pas ces mots, ils voient que les gens, l’argent et le désir sont plus grands que Lui. C’est pour cela que les traces de l’obéissance se voient à travers l’obéissance à Allah, Exalté soit-Il.
 Donc, ô frères, si vous proclamez la Grandeur d’Allah au matin de l’Aïd, vous devriez savoir qu’Allah est plus Grand que toute chose. Le prieur se met debout et dit: « Allah est le plus Grand », cela veut dire qu’Allah est plus Grand que tout ce qui attire son attention, de ce qui le détourne de la prière et de ce désir qui lui fait peur et qui l’inquiète. Cette formule renferme beaucoup de sens dont celui-ci, Allah est plus Grand que tout et que tu dois bien connaitre.
 Le deuxième sens: quoique tu aies une connaissance sur la Grandeur, le Savoir, l’Equité, la Sagesse d’Allah, Il est plus Grand que tout ce que le monde connait ou pourrait connaitre de Lui. On a dit à ce sujet: nul ne connait Allah que Lui. Dans tout l’univers, personne, même pas le prophète ne connait Allah une véritable connaissance mais c’est lui qui possède la plus grande connaissance sur Allah, Exalté soit-Il, dans l’univers que nul ne détient et nul ne connait Allah que Lui. Pour cela, on lit ce sens dans cette phrase « et demande le pardon pour ton péché » quel est le péché du prophète ? Son péché est qu’il s’est efforcé d’avoir sur Allah la meilleure connaissance mais il n’a pas pu et cela est considéré comme un péché.
 Par exemple, tu connais un homme de science, tu crois qu’il a un doctorat mais il est plus que cela, il a écrit cent livres mais il est plus grand que cela et à chaque fois que tu le places dans un rang, tu découvres qu’il est plus grand que ce rang, c’est comme si tu as péché à son encontre. Et c’est le sens de la parole d’Allah, Exalté soit-Il, adressée au prophète « Et demande le pardon pour ton péché ». Donc, nul ne connaît Allah que Lui et dans les deux Aïds, les musulmans du monde entier répètent « Allah est Le plus Grand ».

Le fondement du lien de parenté est de s’enquérir des affaires et de la situation des proches:

 La chose qui fait très mal, c’est que les musulmans s’adaptent dans ce mois d’adoration et la plupart d’entre eux s’engagent à respecter les lois de l’Islam, baissant leurs regards, contrôlant leurs langues, priant à la mosquée, récitant le Coran, dépensant leur argent dans la voie d’Allah ; mais dès que le Ramadan s’achève, ils reviennent à leurs vieilles habitudes. Le noble verset les décrit:

( Comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée )

Sourate Annahel 92.

 Au mois du Ramadan, tu as réalisé un gain incomparable et surtout de pouvoir faire un grand pas si ton héroïsme te permet de garder cet élan après le Ramadan. Toutes les adorations pratiquées durant le Ramadan comme baisser son regard, surveiller sa langue, prier dans la mosquée, doivent être poursuivies après ce mois. Alors, tout ce qui était liauthor avant ce mois, redevient liauthor après la fin de ce mois alors que les choses illiauthors sont interdites avant, pendant et après le mois du Ramadan. Quant au poète qui dit:

Ramadan est fini, apporte-moi un verre, ô serveur, c’est un désireux qui cherche son désir.

 Ce poème est la mécréance même envers ce mois !
 Les jours de l’Aïd sont consacrés à la charité, à entretenir les liens de parenté et à rendre visite à tes proches. Mais certains ont une compréhension erronée sur ce sujet, ils vont chez leur proche, les saluent et c’est fini alors quelle est l’utilité de cette visite ? Aucune. On leur rend visite sans leur demander s’ils ont besoin de quelque chose. En fait, le lien de parenté signifie qu’on s’occupe des affaires de nos proches au cas où ils sont endettés, s’ils ont assez d’essence pour le chauffage, si leurs enfants ont besoin de quelque chose. Il faut surveiller, aider puis guider les proches. Le lien de parenté en Islam signifie qu’on doit savoir si nos proches ne sont pas dans le besoin, leur donner une main d’aide et à la fin les guider vers la voie d’Allah, Exalté soit-Il. Ce lien doit mener à la guidée. Quant à leur téléphoner pour les interroger sur leur santé et qu’ils te répondent: « Louange à Allah. », ce ne sont que des mots pour des mots. A l’entrée de Damas, un panneau accueille les gens avec ces mots « vous êtes les bienvenus à Damas », quelle est l’utilité de cette phrase ? Aucune. Tu ne peux pas entrer dans un restaurant et manger gratuitement, il n’y a que des prix affichés partout et de la supercherie. Ces mots de « Bienvenus à Damas. Que la sécurité vous accompagne », ce sont des mots vides. Donc, celui dont les liens de parents ressemblent à ces panneaux qui sont vides de toute crédibilité alors il est loin d’avoir donné au lien de parenté tout son sens qui est d’aider ses proches et les guider vers la voie d’Allah. Chacun de nous doit s’occuper de ses proches, guider un jeune homme égaré, aider un autre qui néglige ses devoirs religieux et subvenir aux besoins d’une femme veuve pour l’aider à élever ses enfants.
 En vérité, la solidarité islamique est une solidarité géographique et familiale: le voisin a un droit sur toi tout comme les proches, et l’aumône légale ne sera pas accepté si tes proches sont dans le besoin, ce sont eux qui méritent le plus ton aide. Aider un proche constitue un lien de parenté et une aumône au même temps, c’est une double récompense.

L’Aïd est une occasion pour réconforter et rendre visite aux gens:

 Frères, l’Aïd consiste à réconforter et à rendre visite aux proches mais parfois, il arrive qu’on perde le but et la sagesse derrière ces visites. Certains se disent: j’espère ne trouver personne pour que je puisse laisser un petit mot qui les informe de ma visite. Mais tu n’as pas réalisé le but de la visite.
 Moi, j’applique ce devoir et j’espère que tous les proches se réuniront au jour de l’Aïd pour organiser une soirée chez l’un d’eux pour parler de la religion, des affaires de la vie, de l’Islam et du Coran. Ils passeront ensemble une longue soirée où les proches se rencontreront, discuteront et s’entraideront et c’est ce qui est censé avoir lieu.
 Je vais appliquer cela dans la mosquée de Nabulsi, comment ? Je suis venu aujourd’hui contrairement à mon habitude pour vous inviter, le deuxième jour de l’Aïd. On organisera une rencontre dans la mosquée comme si on était dans la maison et on présentera du Maâmoul, du jus, du café et du Raha (sorte de bonbon). Au lieu de se rendre visite les uns les autres, on se rencontrera en un seul jour dès dix heures du matin jusqu’à deux heures de l’après midi, et de seize heures jusqu’à la prière du ‘Icha, dans la mosquée An-Nabulsi dans la place orientale. Si chaque famille fait ces préparatifs pour cette invitation au lieu de faire beaucoup de visites, ce sera une séance plus confortable où on parlera des affaires de notre religion et de notre croyance, c’est ce que je souhaite.

C’est avec l’évocation d’Allah que se parfument les séances:

 On trouve beaucoup de sujets qui n’apportent aucune bonne nouvelle, laissons la politique, la hausse des prix, la sécheresse et les étrangers qui nous font des misères, parlons plutôt d’Allah, Exalté soit-Il.

( N’est-ce pas à l’évocation d’Allah que les cœurs se tranquillisent ? )

Sourate Arra’d 28

 N’as-tu pas entendu au mois de Ramadan quelque chose d’agréable à mentionner devant tes frères ?

(( Rapportez de moi, ne serait-ce qu’un seul verset. ))

Al Bokhari selon Abdoullah Ben ‘Amr

 Si tu t’assoies dans un lieu où on n’évoque pas Allah, Exalté soit-Il, tu le quitteras avec une puanteur comme celle du cadavre d’un âne. On ne parle durant toute la soirée que de politique, de hausse de prix, de femmes et de marchés et on repart fatigué, découragé et sans force après avoir ressassé tant de mauvaises nouvelles. Quand l’homme tombe dans les péchés, il dégage une odeur infecte, la personne infâme pue. Pour cela, habitue-toi à parler dans les séances des hommes pieux car leur évocation parfume les séances.
 Parle d’une attitude prise par un compagnon, d’un illustre savant ou d’un croyant. J’étais au Liban où j’ai donné de nombreuses conférences dont la dernière a été diffusée sur les ondes de la radio durant deux heures. Après la conférence, le Mufti nous a invités au repas de l’Iftar et on a parlé des mosquées et je leur ai raconté une histoire qui a rempli leurs cœurs de joie. Il y avait une mosquée dans la place des martyres, près d’une grande église, elle avait une superficie de quelques centaines de mètres alors que l’église avait une superficie de trois milles mètres. Ils ont pu acheter un terrain de quatre milles de mètres et après un appel au don, ils ont eu quatre milles de dollars. J’ai parlé d’une mosquée située à Nahr Iché, il y avait un concierge qui a hérité d’une terre qui coûte trois millions, il a accepté de la vendre après cette belle offre. En recevant le chèque, il a découvert que c’était une terre offerte pour la construction d’une mosquée alors il a déchiré le chèque et a dit: « Je mérite plus que vous de la donner dans le sentier d’Allah » ! Sidéré, cet homme riche a dit: « Je ne me suis jamais senti si petit devant quelqu’un comme je le l’ai été devant cet homme pauvre ». Il ne possédait rien, il était concierge dans une école avec huit enfants à charge et un salaire de quatre mille livres syriennes et sa famille habitait dans un appartement loué. Cependant, il a eu de la pudeur devant Allah, Gloire à Lui, à ce qu’un homme riche achète sa terre et y construit une mosquée. Alors, il a dit: « Je mérite plus que vous d’offrir cette terre à Allah. » Et c’est la mosquée dont le minaret est le plus haut dans la région ! Cet homme pauvre a donné gratuitement cette terre en dépit qu’il ne possède rien, c’est cela la vraie religion. Quand tu parles d’un homme charitable, tu trouveras les gens heureux à la suite du récit, car l’évocation d’Allah parfume les séances. N’évoque pas les odieux car leur évocation dans une séance ne fait que dégager de la puanteur comme le fait de chercher dans une poubelle, que vas-tu y trouver ?  Rien que de la pourriture, de la viande décomposée et des déchets. Lorsque tu parles d’un vicieux, c’est comme si tu fouilles dans une poubelle et lorsque tu parles d’un homme vertueux, c’est comme si tu es dans un jardin plein de fleurs, l’une plus belle que l’autre et qui exhalent une bonne odeur. Dans l’Aïd, on n’évoque pas les choses familières mais on évoque Allah, Exalté soit-Il, pour amener les esprits à désirer Sa compagnie et à se lier à Lui. Il faut aussi donner aux gens de l’espoir et ne pas être pessimiste le jour de l’Aïd, ne dis pas qu’on est battu, non, on ne l’est pas.

L’homme doit être une source d’espoir pour les gens et non une source de mauvais présage:

 Il y a deux jours, j’ai donné une leçon dans la mosquée An-Nabulsi et selon mes informations, la guerre s’est terminée avec la défaite de ceux dont on espère la victoire. Un étudiant turc a dit: « Non monsieur, la guerre n’a pas encore commencé ! » Par Allah, il a rempli mon cœur de joie, rien n’est encore terminé, la confiance des musulmans placée en Allah est très grande. Allah, Exalté soit-Il, va donner la victoire à Sa religion et Il n’abandonnera pas les croyants.

( Dis (Ô Mohammed,) à ceux qui ne croient pas: Vous serez vaincus bientôt ; et vous serez rassemblés vers l’enfer. Et quel mauvais endroit pour se reposer )

Sourate Al ‘Imran 12

 Il te suffit comme victoire le fait que ton ennemi désobéit à Allah, Gloire à Lui.

( Cependant, l’heureuse fin appartient aux pieux )

Sourate Al Qassas 83

( Il ne vous frustra jamais de vos œuvres )

Sourate Mohammed 35

 Sois optimiste et le jour de l’Aïd sois une source d’espoir pour les gens et non pas une source de désespoir et de pessimisme, fais leur évoquer Allah, Exalté soit-Il, raconte leur ce que tu as entendu durant le mois de Ramadan, ces trente leçons données après les prières de l’aube, du dohr et du dernier tiers de la nuit. En lisant le Coran, n’y a-t-il aucun verset qui a attiré ton attention ? Fais-leur le rappel des versets d’Allah et je vous souhaite un bon Aïd.
 La leçon réside dans l’application, si on applique ne serait-ce qu’un pour mille de ce qu’on entend dans les leçons, on serait comme les compagnons. Dans Al Athar on lit: Un homme a demandé au prophète, paix et salut d’Allah sur lui: « Conseille-moi et sois bref », le prophète lui a répondu: « Quiconque fait un bien fût-ce le poids d’un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce le poids d’un atome, le verra » L’homme lui a dit: « Cela me suffit » le prophète a dit: « Cet homme a compris »
 Un seul verset était suffisant pour cet homme. Moi je suis avec l’enseignement et je ne vous quitterai jamais si Allah le veut, mais l’application des préceptes de l’Islam est importante. Si on fait la promesse d’appliquer les commandements, Allah, Exalté soit-Il, nous aidera. A la fin de cette leçon, je vous souhaite que chaque année, vous soyez plein de piété et en bonne santé.